JE MARCHE DANS LE DESERT

24.03.2011 | JE MARCHE DANS LE DESERT

 

Tableau de l'artiste Marocaine Zineb Jbar©

JE MARCHE DANS LE DESERT

 

 

Je marche dans le désert

Sans ombre,

Le sable engloutit mes pas

Sans Loi.

Deux gouttes d’eau salée,

Sans terre,

Ma langue est sèche comme du bois,

 

Sans ombre,

Sans Loi,

Sans Terre,

Sans rivière,

Sans foi.

 

J’avance.

 

Où sont mes certitudes ?

Le Jardin de Jahna ?

 

Mystère qui ravine le sol,

Parchemine de craquelures,

Les failles abyssales

Les chemins de dédales.

La sève nourricière

Qui jadis éveillait le sens,

S’assèche et s’évapore

Au nom d’errance et de mort.

 

Sans Ombre

Sans Loi

Sans Terre

Sans Rivière

Sans Foi

Sans Toi

 

La terre est un désert,

Où je brûle mes pas.

 

Montagne,

Ton visage est absent,

La sueur est amère,

La folie meurtrière,

Portée par la main

Terrorise les frères,

Qui vivent sur la terre.

 

Sans Ombre

Sans Loi

Sans Terre

Sans Rivière

Sans Foi

Sans Toi

 

Où sont les champs et les jardins

La beauté de ma vallée ?

Et toutes les bontés

De nos cœurs aimant ?

 

Je n’entends que la terreur

Les larmes et la peur.

 

Où sont le vertes des frondaisons

Le ruban clair des eaux,

Le flamboiement des Blés

Au creux de la vallée

Le ruissellement de la veine,

Poussée par la pulsation du cœur.

La source fougueuse jaillissant des mes entrailles ?

 

Solitude aride de mes incertitudes,

La colonne est à l’édifice ce que le tronc est à l’arbre,

Loi de chaque existence

Jeunesse, déclin et mort,

Voilà ma source qui périt

Parce que vous avez rompu le pacte d’amour, d’amitié et de vie.

 

 

Sans Ombre

Sans Loi

Sans Terre

Sans Rivière

Sans Foi

Sans Toi

à où est la source, est la vie,

Resurgit la verdure émeraude,

Les moissons d’or,

Luxuriantes vallée de mes lys courbés,

Où les oiseux chantent le Nahr

 

Le sable épuise ma marche,

L’horizon est trompeur,

Le chemin sans repère,

Je suis perdue au milieu du désert

 

 

Sans Ombre

Sans Loi

Sans Terre

Sans Rivière

Sans Foi

Sans Toi

 

 

Deux gouttes d’eau salée

Se sont évaporées,

Vivant le cœur de ma mémoire

Sur ma peau parcheminée

Dessine

La voûte du tombeau

 

Et toi le Djinn*

Comme l’homme

Es tu bon ou mauvais ?

Je cherche le Dieu qui crée l’unité perdue,

Sur la cime de la montagne sacrée,

Je m’élève près du ciel,

Pour recueillir la parole Divine.

Tu ne tueras point ton prochain.

 

Poète écrit en ces lignes

Le livre

De l’origine,

A l’universel,

Tu scelles,

Les mots

De Pardon et d’Amour,

Qui feront du désert et du chaos,

Des champs de vignes et de Palmiers.

Des vergers luxuriants.

 

Ma vallée de lys blancs

Où se courbent les narcisses

Devant des champs de roses

Où la rosée se pose,

Mon bel oiseau blanc.

 

Le son de ma harpe d’ivoire,

Aux fils d’or,

Dans l’harmonie du souffle,

L’envol de mon âme,

Au dessus de mon Nahr.*

 

Ma plume,

Donnera l’espoir.

A ceux qui traversent le désert,

Qu’en haut de la montagne tu es là, ma lumière,

Du haut de ma citadelle

Je vois le ruban de soie traverser la vallée,

La veine qui étanche la soif,

Qui enlève la peine,

Je vois le puits que tu as posé,

Plein de promesses,

Source d’allégresse,

Là où je pose ma langue brûlante et sèche,

Pour recueillir le savoir :

 

Sans Ombre

Sans Loi

Sans Terre

Sans Rivière

Sans Foi

Sans Toi

 

Soit louée mon Eau

Pour ta douceur extrême

A apaiser mes peines

Je te porte en moi,

Je peux regarder les étoiles dans le ciel,

Un ange,

Me porte vers toi l’Éternel.

 

 

Claude Chatron-Colliet

NOUR EL YAQIN @2007

 

 

 

 

Nahr : Eau Vive

Djinn : Esprits invisibles du Coran (bons et mauvais)

Jahna : Jardins du Paradis, cf Eden chez les Chrétiens

 

 

 

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