Marais Poitevin Claude Chatron-Colliet © 2006

29.08.2007 | Marais Poitevin Claude Chatron-Colliet © 2006

Emmène Moi au Marais Poitevins

Viens, je t’emmène, nous longerons les quais habités pour pénétrer dans le cœur protégé du Marais mouillé.
Nous glisserons ensemble dans le silence profond, immergés de faisceaux lumineux que la flore luxuriante laisse à peine traverser, pour entrer dans le monde secret, qu’en son sein, Gaïa nourrit, transformé par la main de l’homme.
Ça et là, mues par le courant les feuilles d’automnes d’or alanguies par le vent, lascives, s’abandonnent sur la surface lisse de l’eau, et coulissent vers le tissu végétal, des éphélides de l’onde, où se posent parfois les éphémères libellules aux ailes de mica.
Agrion, de ton vol léger à rechercher les demoiselles, doucement effleure ta transparence aérienne, le cours du flot qui s’irise du courant et le perce intérieurement chavirant dans la passion. Puis, se meure, de la Loi d’airain qui le condamne lorsque la belle dame, dépose l’offrande de vie au flot matriciel de l’eau
Vive qui coule, s’échappe, glisse sous la pression de la rame.

Laisse toi glisser sur le cours de l’eau à contempler les berges où s’allongent langoureuses les elfes du matin portées par la rosée, qui du ciel translucide se dépose sur leurs cristallines élytres aux clartés opalines et diaphanes.
Imagine un instant, lorsque l’obscurité descend dispersant la brume comme un encensoir, leur danse de ballerines, dans la farandole des génies et farfadets, harcelés par les feux follets aux ardeurs éphémères

Coulons nous dans cette embarcation céruléenne sur le lit de ce flot qui nous vire et nous chavire, à l’ombre des rideaux d’émeraude et de jaspes, où poussent l’hellébore et l’orchidée sauvage.


Mon amour, donne moi ta main, suivons ce chemin qui dans ces lieux féeriques se dessine le long des berges. Enveloppe moi de ton sourire, raconte moi les fabuleux voyages, les terres de soleil, que tes pas ont frôlé et je t’écouterai, alanguie comme les feuilles qui mordorent et rougeoient à la flambée de l’automne, aux premiers frimas.
Je boirai tes paroles, enivrée jusqu’à la lie du son de ta voix qui me berce, je me laisserai guider de tes caresses qui allument les brasiers plus ardents que ceux des feux follets.
Car c’est dans le marais, que le feu et l’eau s’unissent dans la fusion de leurs corps en incandescentes vapeurs, qui font la joie des divinités de la palude.


Claude Chatron-Colliet © 2006

18:11 Publié dans Beau | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Un instant de bonheur entre ces arbres-têtards et ces eaux fraîches. J'étrennais ma caméra super-8!

Ecrit par : pierre2 | 31.01.2007

As tu vu l'eau qui prend feu sous la barque à cause du méthane contenu dans la Marais. Impressionnant d'eau et de feu...

Ecrit par : Claude | 03.02.2007