31.08.2007 | Or Blanc
Toi, l’inconnu,
Qui croise mon chemin,
Viens à ma table,
Caravansérail, au milieu du désert,
De l’oasis éphémère,
En rêves et chimères.
A traverser les déserts amers.
Plus précieux que l'or,
Et tous les trésors,
Promesse de richesses,
De joie, et d’allégresse.
Du verbe à la parole.
Du troc à la monnaie,
Faim de ton esprit en terre de gemme,
Faim de tes cristaux marins,
Et de la forêt en cendres végétales,
Qui s’ouvre aux espoirs
De meilleurs lendemains.
Gabelous emmenés aux galères,
Les faux sauniers,
Condamnés de force aux fers.
De l’Orrissa, au Bengale,
Au « Salarium » des Romains,
Sel,
Minéral,
Cristal de feu.
Là où le soleil chauffe et que l’eau s’évapore,
S’élève érigées de dômes blancs éclatants,
Matière plus précieuse que l’or et l’encens.
Sel,
Esprit,
Flamme de feu Amour,
Qui sèvre à l’orbe des cils voilés,
Du soleil levant d’Orient,
Les paupières ombrées de soie,
Palpitantes de désir
Lorsque la peine étreint le cœur,
De souffrance,
Et que s’érode l’amertume,
Pour en exalter l’élixir liquide,
En perles translucides,
Irisées d’arc en ciel
Là où le chagrin se noie.
Au soleil couchant d’Occident,
Jusqu’à n’en plus finir,
Dans l’ombre de la nuit,
Solitaire,
Silencieux,
De
Sel,
De
Sang,
De vie.
Prends place compagnon,
Viens à ma table célébrer la vie,
Nous y partagerons le sel,
Celui de la parole,
Jusqu’à la satiété,
Comme la connaissance pour nourrir nos espérances,
De toutes les saveurs,
De toutes les douceurs.
Contre mon or blanc.
Au goût de la sueur,
Au goût de la peur,
Au goût du malheur,
Le ciment,
Celui qui rassemble,
Qui fermente l’union,
Les épis des champs de blé,
L’eau fraîche des vallées,
Le travail des hommes,
La solidarité,
Il n’y aura plus qu’un chant,
Celui de l’amitié.
Et sur ma table,
L’eau, le Sel, le Blé,
A partager le pain.
De ce qui ne meurt jamais.
Viens
"Salarium" Les romains étaient rémunérés avec une solde en poids de sel, d'où le terme salaire.
Gabelous: collecteurs de la gabelle (douaniers) qui emmenaient les trafiquants de sel (faux sauniers) aux galères. Le trafic évitait de payer l'impôt sur le sel : la Gabelle
Clin d'oeil à Mon ami le poète Mohamed El Jerroudi
18:44 Publié dans Philaé | Lien permanent | Commentaires (19)



Commentaires
Le sel était de tout temps, un lien d'amitié et aussi de payement. Nous avons même eu la gabelle, impôt sur le sel;
J'aime bien ton poème. merci !
Ecrit par : patriarch | 28.03.2007
Amitié, parole, salaire, le sel a été plus précieux que l'or. Mon amie Nathalie va dire que je suis encore dans l'alchimie. Tout est dans la symbolique.
Ecrit par : Claude | 28.03.2007
Quel beau poème, tout en couleurs d'orient, en souffrances, en amitiés
Je viens
Ecrit par : orchis-mauve | 28.03.2007
Un poème de grande qualité.Claude ,tu es une poétesse d'une sensibilité incomparable.Merci à toi.
Ton ami Mohamed
Ecrit par : Mohamed El jerroudi | 29.03.2007
les gabelous n'étaient -ils pas aussi des douaniers ??? à vérifiers car dans ce cas nous en avons dans nos ancètres.
bises
Ecrit par : framboise | 29.03.2007
Fram : tu as raison, j'ai corrigé, en fait, les Gabelous sont des collecteurs de l'impot du sel, rapidement ils semblent avoir été formés en équipes pour former l'ancêtre des douaniers et poursuivre les Faux sauniers. Merci Fram
http://jeantosti.com/histoire/gabelle.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gabelle
Ecrit par : Claude | 29.03.2007
Les déserts sont les endroits du monde les plus chaleureux du monde (Théodore Monod).
Il y a les déserts de la planète et les déserts intérieurs. Il n'y a pire désert que celui que l'on porte en soi, en déréliction. Le vide, la méconnaissance ou le refus de soi, l'inattention à l'autre. L'absence d'amour.
Il y a toujours au fond de tout être une petite flamme qui ne demande qu'à vivre; une petite musique qui demande un peu d'espace pour s'enfler. Chacun porte un Orient, une aube en lui; chacun de nous est une source où viendra s'abreuver l'assoiffé si l'on sait l'accueillir.
Un peu de sel, du pain et de l'eau. Pour partager. La main tendue, chargée de ces présents: vois, je suis nu et t'attendais de toujours, âme soeur.
Ecrit par : pierre2 | 29.03.2007
magnifique, tite claude !! un vrai bonheur que de vagabonder dans ton antre merveilleux..............
je t'embrasse bien fort.
Ecrit par : bleu-marine (chez souviens-toi) | 29.03.2007
Bonsoir ici,
je te lis comme on se promène au gré d'un vent qui vous berce.
je t'embrasse
Ecrit par : sheedir | 29.03.2007
C’est un très beau texte Claude et avec une connotation particulière pour moi.
Il y a dans un cahier une note qui « sommeille » et dont le titre est « Le Sel de ma terre ». Il accompagne des photos non publiées prises en août 2006 dans une région qui m’est chère. Je les regarde souvent.
Au-delà d’une nature magnifiée par des lumières de début et fin de journée, elles me rapprochent par la pensée des miens qui sont si loin.
C’est aussi une région d’agréables souvenirs d’adolescent insouciant.
De bitume arpenté les pieds nus, de « tubes » de l’été dans des juke-box de café.
Aussi de moments de complicité où les deux « hommes » de la famille, père et fils rentraient à l’aube et vers la ville le lundi matin pour une nouvelle semaine de travail.
Souvenirs encore de ces retrouvailles familiales ou les enfants dispersés se retrouvent, petits et grands et parents.
Et cette odeur si particulière de l’océan qui va et vient dans les salines, cette odeur de marée qui me manque ici, sur le bord de la méditerranée.
Merci de ce beau texte Claude, vous embrasse et vous souhaite une bonne fin de semaine.
Ecrit par : Louis-Paul | 30.03.2007
Il m'est difficile de me laisser bercer par la poésie. Il me faut relire pour en comprendre les finesses et me laisser emporter. C'est le commentaire de Louis Paul qui m'a donné envie de relire, je voulais retrouver les mots qui l'ont touché.
Et j'ai vu, senti, compris.
Et-ce que j'ai besoin de vivre l'écrit pour l'aimer ? Peut être !
Ecrit par : Christan | 30.03.2007
Merci de votre visite sur mon blog, le sel très précieux, ici dans l'ile d'Oléron où j'habite, il a été remis en fonction plusieurs salines, c'est magnifique
bises
Françoise
Ecrit par : francoise d'oléron | 30.03.2007
Beau symbole que celui du sel...
Le sel est comme le désir, celui qui donne le goût à la vie, mais c'est aussi la sueur et les larmes,...
Ton poème chante tout cela.
Merci pour ce chant ouvert à la vie et au partage de toutes choses...
Ecrit par : corinne | 30.03.2007
Bonne journée de Samedi, j'espère pour vous moins pluvieux
Françoise
Ecrit par : francoise d'oléron | 31.03.2007
...
le sel est aussi celui de la vie
celui de la mer aussi
des larmes aussi
tu sais bien Claude que c'est mon travail qui me mine et m'empèse
continue d'écrire
c'est beau
...
Ecrit par : sylvie | 31.03.2007
... ta photo est très belle (-:
Ecrit par : sylvie | 31.03.2007
Merveilleux texte de vie et de tolérence.
Ecrit par : enriqueta | 31.03.2007
C'est univer-sel !
Ecrit par : photoeil | 01.04.2007
Photoeil: c'est tout à fait celà. Universel! Merci de ton passage.
Enriqueta: oui toujours ici, la tolérance, la vie, l'amour. Il y en a tant des choses à dire et à faire.
Sylvie: Oui le sel des larmes, et celui ci peut être rempli d'amertume en plus il nous déshydrate. Merci pour la photo. Tu ne trouves pas qu'elle est légèrement trouble ?
Bisous ma douce amie.
Françoise d'Oléron :
vous savez entre la Rochelle et l'île d'Oléron, je crois que nous avons eu le même temps. Amicales pensées.
Corinne:
Douce pensées en clair de sel, et obscur de sable...
Christian: Je ne sais pas, mais je crois que oui, c'est ainsi que vous avez aimé La Garon, en le vivant... et c'est ainsi aussi que vous avez aimé particulièrement Le Vignal. Je vous embrasse Christian.
Louis Paul:
Un peu de sel dans votre vie à ma table. Presque dans votre terre Natale que nous avons échangées. Tant mieux si vous y avez trouvé des souvenirs.
Vous embrasse.
Pierre:
Si tu savais, mais oui Pierre, tu sais, combien je l'entretiens cette flamme de toute mes forces et peut être m^me parfois au delà... Irraisonnablement. De l'aube à l'aurore, de l'Orient à l'Occident, je la chante, et je la chanterai encore comme un cri d'espérance dans mon dernier souffle. Parce que j'y crois à ces valeurs, et je veux en être le véhicule par l'Espérance
âmes soeurs en partage.
Mohamed: plus je passe sur tes lignes, plus c'est moi qui suis admirative. Je te salue grand poète.
Grand honneur de ta visite
Juliette:
Alors là ! mais je t'attends Juliette les bras ouverts, le coeur léger, viens vite. Hate toi...
Biasers.
Ecrit par : Claude | 02.04.2007