31.08.2007 | Mon vaisseau de pierres
J’étais là en silence,
La bouche scellée à attendre que tu m’ouvres
La porte céleste de ton cœur.
J’entendais le chant des oiseaux,
Se délecter à la fontaine de vie[2],
Qu’habite en ta demeure mon bien aimé.
Le nœud du sablier étrangle le temps,
Je suis dans l’obscurité de l’incertitude,[3]
Comme une ombre qui sombre jusqu’à l’épuisement.
Ma vie s’est figée dans ton roc,
Lorsque ton amour absent[4] devient présence,
Sous le figuier[5] délivre moi en la connaissance,
Dans l’incandescente lumière,
Où la fusion des cœurs illumine le ciel en une seule âme,
Que la grâce d’Amour submerge, et enveloppe
Là, où il n’y a ni commencement, ni fin[6], dans l’apocatastase[7],
Dans le jardin secret de ton cœur,
Où l’on palpe mon âme libre d’aimer.
Le rayon de miel et de lait,[8]
Qui porte les battements de mon cœur,
Sur l’Océan de ton Amour miroir[9][10] brûlant,
Dans lequel je me fonds dans l’union
Au cœur d’un lac de feu, brasier d’éternité.
Enivre moi du Savoir
Comme on s’enivre du parfum des roses,
Dans le feu du cœur et la beauté ardente,
Le calice de mon âme,
Dans l’essence du souffle des fleurs,
Nu et dépouillé.[11]
Je porterai ton Nom
Sur mon vaisseau de pierres
Comme « un trésor caché, aimé à être connu »[12][13],
D’occident en Orient,
Par le cheveu[14] sacré,
Je célèbrerais les lettres de l’alphabet autant que les étoiles[15]
Origine de tout, Essence immuable,
Ma poésie,[16][17]
Sans commencement,
Sans fin,
Voguant sur un Océan de sable
Vers des cités d’Or de Safran et de Musc,
Vers ma vallée de Lys Blanc
Entre les deux colonnes de marbre et d’ivoire,
Où s’exhalent les subtiles fragrances,
De mes brassées de jasmin,
La Voie d’amour
Sous l’Olivier de mes pères
Qui de mon cœur transparent
Ouvrira la porte
Sous ton figuier Blanc.
Claude Chatron-Colliet © 2007
Agapè
Tous ceux qui me connaissent savent pourquoi Ibn Arabî est proche, parce que « Mon âme Danse »
Remerciement au fabuleux travail de Claude Addas sur Ibn Arabî
Ibn Arabî et le voyage sans retour de Claude Addas édité par Seuil
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[1] Hommage à Ibn Arabi Fûtûhat Titre extrait du Fûtûhat I p 129 Né en 1165 à Murcie en Andalousie et décédé à Damas en 1240. Appelé Cheik Al Akbar (le plus grand maître) http://fr.wikipedia.org/wiki/Ibn_Arab%C3%AE
[2] Référence à El khadir cité dans le Coran, et à la Viridité (pour Soufiane)
[3] Périple du voyage intérieur qui mène chacun de nous à rencontrer en la Lumière en soi et l’Être unique
[4] Du manque et de l’absence naît le désir d’Amour
[5] Arbre symbolique de la connaissance
[6] L’amour de Dieu Est essence, il ne donne pas lieu à la crainte et au châtiment
[7] L’univers tout entier est Beau et Amour il ne peut être Apocalypse.
[8] Ivresse jusqu’à la satiété
[9] Dieu a crée le monde par Amour, il a crée le monde à l’image de sa beauté, il a regardé le monde et le monde et l’a aimé. Donc Dieu s’aime lui-même, par miroitement.
[10] Monde imaginaire où la poésie est un art sacré et universel, l’écho terrestre de la Divine harmonie d’inspiration Divine .Théophanie (présence de Dieu)
[11] Ibn Arabî est un des pères du Soufisme : le spirituel abreuvé d’amour et de connaissance doit atteindre le plus haut degré de conformité à la beauté, à l’Amour, à la connaissance pour découvrir qu’il n’y a que Dieu qui s’aime lui-même, que l’Amour est la qualité de ce qui Est, il n’y a d’Être aimant et aimé que Lui..
[12] Hadith (sentence du prophète) selon laquelle Dieu a dit « j’étais un trésor caché et j’ai aimé à être connu » Fîtûhat p 322
[13] Dieu est Unique (Wâhid)
[14] Sha’ra (cheveu de Mohamed qui gouverne la réalité intime allégorie de l’alliance « La raison qui m’a amené à proférer de la poésie est que j’ai vu en songe un ange qui m’apportait un morceau de lumière blanche…Je l’avalais et je sentis un cheveu qui remontait de ma poitrine à ma gorge, puis à ma bouche. C’était un animal avec une tête, une langue des yeux des lèvres. Il s’étendit jusqu’à ce que sa tête atteigne les deux horizons celui d’Orient et celui d’Occident. Je sus alors que ma parole atteindrait l’Orient et l’Occident. Lorsque je revins à moi , je déclamais des vers… »
[15] Noces célestes entre les étoiles et l’alphabet,qui eurent lieu à Bougie au mois du Ramadan Juin 1201 et qui scelle Ibn Arabî comme « gardien du Sceau, ou gardien du Trésor. Un dépôt sacré appelé Sceau Muhammadien. Il confère Ibn Arabî au faîte de la sainteté
[16] La poésie est le vecteur privilégié des connaissances spirituelles. Dieu a doté l’univers d’une structure analogue à celle qui ordonne un poème : Il repose sur lui comme deux cordes, l’une légère qui est le monde spirituel, l’autre épaisse qui est le monde corporel et deux piliers qui la soutiennent. Le monde est une parole de rythme et de rimes.
[17] Allusion aux deux piliers
Vous pouvez écouter un Oud en même temps que la lecture de ce poème en cliquant sur mon blog principal
LES EAUX VIVES
19:30 Publié dans Agapé, Beau | Lien permanent | Commentaires (8)




Commentaires
Un inconnu pour moi.Je dois reconnaître que je lis de moins en moins. Merci de me le faire connaître et de belle manière !
Bon après midi.
Ecrit par : patriarch | 22.05.2007
bonjour ma grande, un petit moment avec toi est toujours un grand bonheur. Merci pour toutes les explications . L'amour est toujours là malgré ce monde cruel.je pense beaucoup à toi surtout dans ces jours pénibles. De gros bisous.
Ecrit par : mamie de Sarlat | 22.05.2007
tu es revenue !!!!
ravi de te lire ....
merci Claude
comment vas tu ??
bises et très bonne soirée
Ecrit par : bernard | 22.05.2007
Bonne journée, Claude.
Ecrit par : seb | 23.05.2007
Patriarch: merci à toi de venir si souvent me lire, moi aussi j'apprends beaucoup en passant chez toi. C'est ce que j'aime dans les Blog, l'interactivité et l'enrichissement des connaissances. Belle journée.
Petite mère adoptive: La beauté de la terre et de la vie. Un émerveillement constant dont l'Amour est le centre, la perpétuelle immanence comme j'aime à le dire. La société de prédation est plus qu'une réalité, dépasser cet état d'animalité par amour et raisonnement nous ramène à l'humanité, et cette humanité à l'Amour universel enveloppant. C'est ce que tu as fait lorsque tu m'as ouvert tes bras alors que je n'étais qu'une enfant en perte de repères, et de toutes ces années ou tu as veillé sur moi comme sur tes propres enfants en m'ouvrant les portes de ta maison et de ton coeur. Je te serre fort dans mes bras et Papy aussi. Il va falloir aller plus loin dans les traitements, la bête est virulente. Mais je ne risque rien puisque tu m'aimes.
Carresses
Ecrit par : Claude | 23.05.2007
Bernard: oui je suis rentrée, mais je t'écris en privé. Alors aimes tu mon vaisseau de Pierres et la photo ? Elle a été prise sur l'île de Ré incroyable non!
Bon, et si tu vas sur les Eaux Vives, tu peux en même temps écouter Un Oud, je ne peux pas le faire sur ce blog ci et lire le premier commentaire qui est en fait un complément au texte.
Je t'embrasse Bernard, ainsi que Yorlane et Cédric
Ecrit par : Claude | 23.05.2007
Seb: je t'ai laissé un message sur Skype.
Bisous à tous les deux et profitez bien des vacances
Ecrit par : Claude | 23.05.2007
J'aime beaucoup ce poème qui me fait aussi un peu penser au "Cantique des cantiques". J'aprécie Ibn Arabi dont j'ai calligraphié un de ses poèmes "L'amour est ma religion et ma foi". Et merci aussi pour cette magnifique photo de porte.
Ecrit par : enriqueta | 23.05.2007