Sentinelle

14.04.2008 | Sentinelle

Sentinelle


Je suis fait de sel, d’argile et d’eau,

Si je lève les yeux je contemple l’infini,
La voûte céleste me sert d’alcôve,
Mon ciel se cadence et danse entre lune et soleil
D’occident à l’Orient,
De lait et de miel
La lumière éclaire le visage de mon bien aimé.

Ma vie s’enroule comme un ruban
Que l’océan lie et délie au fil du temps.
J’émaille les vers de couleurs chatoyantes
Que j’inspire aux éthers de jonquilles et de Lys blanc.

Je suis un Roc dans le vent,
Que l’eau ravine
Que l’air fouette
Un grain de sable dans l’Océan
Que la vague chavire
Que le reflux retire
Je suis dans le feu que crache le volcan,
Dans ces gerbes, ce jaillissement,
Cette terre fertile,
De connaissance et d’entendement.

Je suis dans la mémoire de l’homme,
De ces hommes qui outrepassent la tombe,
Par ce qu’ils figent dans la pierre
La langue de feu sacrée qui dit le verbe Aimer

Je trace et parchemine, les lettres de l’alphabet
Calligraphie les livres et les mots reliés
Transcrit les messages,
Que l’âme inscrit en langage
Afin que le monde soit plus sage et reste vigilant.

Poète,
La montagne te sourit.

Après avoir gravi ses pentes, et atteint son sommet,
Forgé au Métal de la douleur,
Modelé par la peur, la faim, le froid, la joie
Sans jamais être Roi
Et n’avoir fait de toi qu’un humble serviteur

La voilà qui t’exhausse.

Montagne,
De ton corps jaillissent les ruisseaux éternels
Naissent les sources vives
Qui au bout de ta plume poète
S’inscrivent
En rubans calligraphiés :
Des ravissements et des peines de l’âme,
Enchâssés dans le secret des cœurs
Comme le joyau des sentiments.
L’ombre vivifiante du recommencement
Dans les jardins sertis de félicité,
Où la verdoyante frondaison,
S’érige avec viridité.

L’enchantement du souffle du vent
Sur les cordes de la harpe d’or et d’argent
Où la fusion des cœurs s’érige et s’enchâsse
En l’orfèvrerie d’une seule âme et d’un seul corps.
Dans la plénitude et l’apaisement

Mais n’oublie pas
Même si tu es fait de sel, d’argile et d’eau,

Tu es la sentinelle.

Entends le cri,
Qui perfore le silence,
Comme un fouet
Qui claque et qui danse

Écoute le silence,
Des bouches que l’on tient closes,
De peur que n’éclose
Le mot Vérité


Sois Le chant par le langage, de tous les opprimés
Ceux à qui on arrache la langue, on incise le corps
Qu’on affame dans les camps de la mort,
De la torture, de l’esclavage,
De l’indifférence,
Ceux que l’on frappe et châtie
Par des actes gratuits
Sois le compagnon
Des déserts de solitude,
De ceux qui sont à l’abandon,
Comme ces nefs échouées,
Qui bordent les rivages
Au pied de ta maison


Sois l’œil de la conscience, le regard de l’Eveillé.
Aimant dans chaque chose, le désir d’exister

Regarde juste avec ton âme
Par ce que tu es

« Le Juste des Nations »





Claude Chatron-Colliet©2007






Le langage de l'âme est l'expression du cœur transcrit par le poète. Il voit ce que les yeux, les oreilles, la bouche, les mains, le nez n'ont put atteindre, parce que de son expression tout est palpable, tout est vision, tout est entendement, tout est texture et tout est art, tout est Un et Unique.
Le poète a reçu le don de donner un langage à l'âme, parce qu'il est façonné par toutes les douleurs il en exprime la beauté essentielle par les mots et la quintessence qu'il chante en union avec le ciel.
Tout est parfum sans nez, tout est caresse sans mains, tout est parole sans langue,
Tout est couleur sans yeux.
Ainsi le poète est aveugle, sourd, muet, sans mains, c'est son esprit dans le souffle divin qui crée l'indicible beau et l'indicible laid afin d'unifier la peur vers l'espérance, la tristesse vers la joie, le mystère vers la lumière.
Telle est la réalité de son existence.
Celui qui ne voit pas regarde avec son âme et sa vision est universelle.

Claude Chatron-Colliet©2007

00:31 Lien permanent | Commentaires (16)

Commentaires

Je ne connaissais pas ce texte !Merci !!

Ecrit par : patriarch | 12.06.2007

très professionnel ! bravo
arielle

Ecrit par : arielle | 12.06.2007

J'aime beaucoup la définition du poète dans la deuxième partie. merci de ses instants Claude.

Ecrit par : Gérard Méry | 13.06.2007

et n'oublie pas jamais que tout n'est que poussière dans le vent, tout se parchemine aussi lorsque le coeur fulmine, de là où il se tient il ne sait que l'incommensurable perte qui est celle du recommencement et de la fin, de faim en fin il apprendra à ne plus régurgiter les mots de la colère.

Ecrit par : mandoue | 13.06.2007

Patriarch:
Normal Patriarch, je l'ai écrit cet après midi tu ne pouvais pas le connaître.
A bientôt

Merci Arielle:
Ta remarque me touche beaucoup, parce que c'est la première fois que tu viens me lire et que les compliments qui viennent du coeur sont sincères surtout de la part de poètes.
Ce domaine est celui de mon blog poésie et photographies. Tu trouveras mon blog principal et mon site d'auteur en dessous des photographies du bas de page.
A bientôt j'espère Arielle

Ecrit par : Claude | 13.06.2007

Mandoue :
C'est pour cette raison que le poète reste humble, il connait le prix de chaque chose car l'enseignement par le cheminement qu'il reçoit est de l'ordre du souffle et de la lumière. SI le corps retourne à la poussière parce qu'il est de sel, d'argile et d'eau, l'âme retourne à la lumière qui anime, aime dans chaque chose le désir d'exister. L'universel se nourrit d'Amour et le réfléchit. Le poète chante et transcende cet Amour.

Ecrit par : Claude | 13.06.2007

Une inspiration fabuleuse, forces vitales et originelles...Merci!

Ecrit par : enriqueta | 13.06.2007

Claude
je te dirai à chacun de tes poèmes ;
que tu es une grande poètesse .Même si je s'ai d'avance que tu évites que je te nomme ainsi.
Même si tu ne veux pas le croire.Pour moi , tes textes; je les trouve toujours et encore, de grande qualité.
Enfin, le talent ne se commande pas . On l'a ou on l'a pas.Et toi, toi tu en as.
.....

Mohamed

Ecrit par : Mohamed El jerroudi | 15.06.2007

Mohamed merci de m'encourager c'est un grand honneur et une grande douceur à lire et entendre.
Amitiés

Ecrit par : claude | 20.06.2007

Enriqueta:
Un instant à partager merci à toi de passer me lire, tu préfères la poésie à ce que je vois.
A trés bientôt

Ecrit par : claude | 20.06.2007

en attente d'une photo avec un mât entier et droit, symbole d'une santé retrouvée.
Pensées....

Ecrit par : lagunedune | 02.07.2007

Tes photos, la musique de tes mots te ressemblent. Ils sont d'une délicatesse et d'une justesse qui aident à se tenir debout, le regard droit. Merci de tant de talent.

Je sais que tu ne resteras pas trop longtemps silencieuse, car tu es "habitée".

Cette sentinelle me dit beaucoup.

Je me joins aux voeux de Lagunedune... A bientôt !

Ecrit par : gazelle | 21.07.2007

Quel don de pouvoir faire des poèmes ainsi !!

Tout à la gloire du poète !!

Ecrit par : patriarch | 14.04.2008

Ton âme est belle Claude et tu honores à merveille ta mission de messagère de Lumière. Je sais que tu y puises ta force et le Souffle te porte dans l'épreuve. Merci pour tout cela mon Amie.

Ecrit par : La petite cerise | 16.04.2008

Que le SAVOIR devienne DANSE... La danse suit des lois, mais ne laisse rien de figé...Elle détruit à mesure ce qu'elle crée et s'accomplit ainsi pour une nouvelle création, un chant toujours nouveau...
( Jean Sulivan " Matinales " )

Ainsi le SOUFFLE du Poète ou de la Poètesse, qui recrée le monde inlassablement dans l'espoir de la rencontre de l'amour extatique et évanescent, toujours à portée de main, mais toujours aussi caché dans quelque galaxie....

Merci Claude. Vous donnez toujoirs beaucoup... Je vous embrasse.

Ecrit par : maudub | 16.04.2008

En sentinelle, l'infini est aussi bien en levant les yeux vers le ciel étoilé d'une nuit d'été qu'en les abaissant à nos pieds, dans le moindre brin d'herbe ou de quelque insecte qui s'y pose comme il est en nous, se coulant en nos veines, lentement glissant , nous imprégnant.
Dans le mot "infini" lui-même, la finesse se conjugue au fini précédé de cet "in" interrogatif.
Infiniment vers toi.

Ecrit par : pierre | 19.04.2008

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