Ancrage

04.10.2007 | Ancrage

Ancrage,

Là où tout est impermanence,
Où les dunes se délitent,
Se nouent et se dénouent au fil de ce qui souffle et perpétue.
Grandiose, impressionnant comme une institution divine bordé de ces montagnes, en bloc, en murailles éphémères qui se déplacent au fil du jour comme une vague brûlante.
Vallées, plaines sans horizon où le ciel et la terre se mêlent.
Désir de conquête, à faire reculer, ce qui au loin se profile.
Ordre, qui nécessite la bataille entre l’être et la matière qui se file fugace entre les doigts,
J’ancre mon désir de survivance,
Je pause mes pas dans le désert.
Territoire stérile sans repère,
Je suis les étoiles qui ne mentent jamais,
Je forge mon âme à la lame qui brûle et meurtrit ma chair de ses rayons flambants. J’espère,
Je désire,
Parce que
Je manque de ce qui me consume,
De ce qui me dévore.
Cet effleurement, cette caresse timide sous l’ossature verdoyante des rondeurs de la terre,
Mon îlot, ma terre promise, les palmiers dattiers frangés de mon enfance pétris dans le même argile qu’Adam s’agitent dans le ciel, le miel de mes jardins bienveillants.

Le désert porte le mystère à son sommet,
Il engendre l’homme au défi permanent à faire de son vaisseau une nef de lumière.
Exalte les souvenirs du pays des pères en jet de mémoire qui demeure une attente.

L’absence se cristallise dans la douloureuse passion,
A endurer l’obscure incertitude

Mes pas sont ils dans le bon sens ?

Car devant nul croisement,
Nul chemin.

Juste lui et moi
Le sable et le souffle du vent brûlant.

Deuil de l’eau qui dans la nudité de mon corps s’évapore,
Sel et la poussière se déposent sur ma paupière.

Craquelle, strie, ride le velours de ma peau.
Combien de pas encore,
Lourds
Dénués de sens
Jusqu’à ce que je trouve l’essence
Au fond de moi ?

Mon quotidien me ramène à ma chair,
Qui souffre s’éclate et se fend.

Ici bat le cœur vivant du monde
Dans ce néant hostile d’une profonde beauté sauvage
Je dois être Sage
Je n’entends plus que mes pulsations.

Ma place est là,
Sur la trace de mes pas.
Car c’est là que tu m’as placée.

Vais-je arriver au bout de la Méharée
Qui promet l’oasis
Auprès de mon bien aimé ?

Mon jardin de l’Eden,
Mon Paradis perdu
Loin de l’errance et de la souffrance,
La bienheureuse puissance
Qui donne le rythme de ma danse ?
L’alliance,
Entre l’Amour et moi
Je vois,
J’entends,
Je sens,
Je goutte,
L’eau bénie de ton ciel,
Vivifiante et vivante,
J’écris dans les nuages
L’invisible présence,
Que j’ancre dans chacun de mes pas
Comme un lien vers le ciel dans le chant de ma voix
Jusqu’à l’extrême limite de ce qui se résume et se confond,
L’eau est là.



Claude Chatron-Colliet ©2007

21:10 Publié dans Agapé | Lien permanent | Commentaires (5)

Commentaires

Beau lai à la vie.

Bonne soirée :*

Ecrit par : patriarch | 04.10.2007

un tres beau texte pour cette superbe photo ..du reve ..

Ecrit par : mrcafe | 09.10.2007

J'aime beaucoup cette photo... le ciel y est magnifique et la couleur de la dune, ce jaune sale...

Arrivée d'air chaud :)

Ecrit par : Bertrand | 09.10.2007

La dune anodine, rebondie comme un sein… J'aime bien !

Ecrit par : Rohic | 10.10.2007

Patriarch:
Comme toujours tu n'es pas avare de compliments, je te remercie mon ami.

Mrcafe: Il faut faire un tour si vous aimez, dans les catégories. Merci d'être passé.

Bertrand, ne souffle pas trop le sable et la poussière volent partout... :)

Rohic: Attention à la glissade!

Ecrit par : Claude | 10.10.2007

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