18.01.2008 | Le Belvédère
C’est aujourd’hui, c’est aujourd’hui !
J’ouvre les volets.
Le ciel nocturne se déchire et les rayons d’albâtre, percent étrangement l’obscurité de la voûte qui retenait les étoiles habillant de rose le colophon du Mont Agel.
Là haut, sur les hauteurs désertiques persiste ça et là sur le sol par la blancheur poudrée, des ombres de lumière.
Bientôt le dôme rompra l’azur comme nulle part ailleurs, et si tu n’aimes pas cet endroit compris entre le ciel le saphir liquide, mon lien viscéral, c’est que tu ne le regardes pas avec les yeux de ton cœur.
Ne sens tu pas dans la douceur de l’aube, ce parfum délicat qui traverse l’hiver et colore d’or le versant constellé des vallées au-delà des pentes des collines et vient effleurer nos sens, téméraire et hardi ambassadeur du printemps.
Le froid saisit encore, et le bout de mes doigts encore bleuit se crispe, pourtant je le hume, je l’inspire, comme un désir, qui me dévore de manque.
La maison rose est encore pleine de givre, au fond du vallon dans son écrin vert, la Paillon gronde et la cascade fuse de son flot bouillonnant au dégel qui s’annonce.
Si tu viens, nos pas nous porterons jusqu’aux premiers rayons. Nous passerons l’éperon rocheux où se dresse le village de Contes après avoir grimpé les marches sinueuses, qui mènent à la Proue au dessus du fleuve capricieux, là près du monument aux morts, nous contemplerons les logis qui s’étendent jusqu’en bas de la vallée. Mais c’est encore plus haut que le trésor se cache, il nous faudra traverser les ruelles enchâssées
C’est là, dans les lacis de route qui montent vers le Belvédère de Berre les Alpes, bien après le Château du Vignal, que s’étend comme un tapis d’or serti d’émeraudes, un joyau que le capitaine Cook nous a ramené de ses voyages extraordinaires en Australie.
Je le sens embaumé et fleuri, évanescent, au dessus des murets de pierres sèches, se transforme et s’exhale en fragrance de brassées lumineuses et chatoyantes que mes yeux captent et saisissent dans un moment d’émerveillement.
C’est comme un doux émoi dans la brise naissante qui porte au cœur la douceur poudrée du soleil et s’exhale jugulée dans sa sphère, éclate, sous la caresse humide et chaude de l’astre naissant. Il se répand, tel un feu d'arômes, irradie et rayonne au milieu de ses feuilles fougère qui se dentèlent et s’ornent de mille spores veloutées jaune d’or.
Générosité de ces grains d’orfèvre en grappes qui jaillissent comme la vigne et se déclinent du jaune de mars à l’or flamboyant et de l’ambre au safran lorsqu’ils se déshydratent et se passent.
Car toutes les choses se passent, avant qu’une ne renaisse.
Claude Chatron-Colliet©2008
08:45 Publié dans Chez Moi en Méditerranée | Lien permanent | Commentaires (2)


Commentaires
Quel merveilleux écrit, un bonheur de le parcourir. Un petit bijou d'écriture qui illumine cet arbuste magnifique aux senteurs délicates, aux petites fleurs jaunes qui s'unissent pour représenter des petites sphères et un ensemble magnifique.
Quelle lumière sublime se dégage du mimosa, on l'appelle également sensitive.
Bravo pour votre site et votre fort jolie plume. Bonne continuation.
Ecrit par : Monicalisa | 01.03.2008
Monicalisa:
Merci de ces compliments. Des perles de poudre d'or dans un écrin de verdure et vos mots qui réchauffe mon coeur.
A très bientôt
Ecrit par : Claude | 05.03.2008