AGAPE

22.01.2008 | AGAPE

Agapé :

Comment décrire autrement cette paix intérieure qu’apporte la connaissance de l’Amour après avoir fait un long voyage paré de péripéties intimes et profondes dans la réalité de « soi », la prise de conscience de son imperfection, le devoir de tendre vers quelque chose d’infini et d’impalpable avec lequel nous faisons communion. Une terre promise à l’intérieur de chacun de nous, exhumée du limon de notre corps comme une essence qui structure dans le temps notre unité profonde, la force et la détermination pour dépasser l’épreuve.

La douleur est là, impermanente et permanente, comme les vagues de l’océan, comme un fleuve qui circule laissant à chaque instant le loisir de contempler la mort qui invite à la danse.
Aimer jusqu’au désir du néant, du non être pour apprécier chaque instant de vie, chaque inspiration qui comme un souffle, oxygène et libère chacun de nos points matériels vers l’élévation et la transcendance, l’union avec le créateur.

Alors, dis, je, j’ai laissé mes habits de lumière, nue et dépouillée, j’ai accepté la connaissance, ma joie fut permanente et souveraine. Je ne vois a plus de limites, ni de confinement à la restriction des règles que l’homme érige pour établir le squelette de la société, et sa forme, mais une communion entre la matière et toutes les matières, entre l’esprit ; Un l’Amour inconditionnel « Agapé ». Un espace, qui entre dans un espace sans début, ni fin dans une merveilleuse fluidité où chaque sensation a sa vraie valeur celle de l’infini. J’inspire la célébration, du cœur illuminé d’Amour dans la souffrance le dépouillement, et la peur.
Car la peur est là, à chaque instant il faut lutter pour qu’elle vous abandonne et c’est la signification profonde de l’érection du spasme qui lime, érode, dégrade la volonté, le désir jusqu’à l’acceptation finale de se laisser aller dans le flot, de se laisser submerger, et emporter jusqu’à l’annihilation de son existence, ce souffle qui se meut dans notre matérialité et qui anime ce corps pulsatile, vulnérable et fragile enfin libéré d’une prison de dogmes, d’incertitudes et de luttes successives à Vivre mal parce que servile est celui qui ne maîtrise pas la connaissance.
La peur encore qui ronge, dans ce regard interrogatif, pénètre et fouille le moindre signe d’inquiétude sur le visage des proches ou des soignants, il sonde la présence du mensonge dont l’odorat particulier met le sens en éveil. Ces yeux encore qui cherchent, scrutent, le moindre indice, le moindre signe, jusqu’à la capitulation de ne rien voir parce que l’esprit même cache cette vérité que les yeux recherchent dans les moindres failles les moindres replis. Mes yeux traquent le mensonge qu’ils ne veulent pas voir, ni sentir ni effleurer tant ils l’évitent et le fuient, puis l’exigent comme des enfants capricieux à qui l’on refuse la sucrerie amère.
Entre dans la danse dit l’esprit aux yeux qui le nourrissent, jusqu’à l’abandon de toutes les fureurs que la douleur étouffe et comprime.
Les yeux sont comme les rivières et les sources, ils jaillissent de mots, transportent l’espérance, charrient la colère, et quémandent au soleil couchant jusqu’aux limbes des profondeurs marines la réponse à leurs interrogations sur le Mystère.
Y a-t-il un mystère dans l’errance de l’Etre qui souffre
Automne de la vie qui prématurément sur l’été étend ses couleurs marron pourpres d’or comme un linceul givré.
Tu m’avais dit que les éléments étaient avec moi, que le vent dans mes cheveux ferait à jamais flamboyer de mille feux les reflets du soleil et de la lune d’argent. Que l’eau de pluie porterait en elle chaque larme comme la rosée aux racines abreuvant ma soif. Tu m’avais promis la permanence de ce que je suis, où que j’aille, quoi que je fasse et pourtant tout glisse, s’évanouit, se désagrège, tout se corrompt, s’étiole, se caléfie… Cet état d’impermanence de fuite en avant de mon corps et de mon esprit, laissant place aux spectres livides de la douleur, qui macule, perfore comme la lame, racle, pique, prend racine comme une arborescence s’érige dans ma vie et me la retire malignement, jour après jour, lentement, graduellement, jusqu’à l’étreinte violente qui tire de moi le cri état de fusion de la souffrance du corps et de l’esprit.

J’ai fait de mon corps une chapelle, un temple élevé à l’Amour.

Les ombres s’éloignent pour laisser place à la lumière.
A cet instant précis, tout ce qui nous est donné de vivre dans ce voyage initiatique de la vie est un cadeau magnifique où se dessine la plus éclatante des beautés un éternel ravissement dans lequel chaque pigment donne la vue au sourd, chaque son donne l’ouïe à l’aveugle car le monde de la cognition n’a pas de limite, il est au-delà de la préhension, il nous fait grandir de l’intérieur. Un Mystère.


A suivre

Extrait du Roman AGAPE
SG N° 200706/ HHS
© Copyright 2007

12:33 Publié dans Agapé | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Ton regard est riche du murmure de la vie, ton ecoute pleine de lumière...

Merci pour toute cette richesse partagée et ta générosité ouverte au monde.

Ecrit par : corinne | 31.01.2008

Corinne:

N'oublie jamais, écrire, c'est le prolongement de Soi. Je t'embrasse fort. Je m'arrête quelque temps. Continue ce que tu écris est magnifique.

Ecrit par : Claude | 05.03.2008

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