03.02.2008 | Écorce et Lumière
Écorce et Lumière
Lorsque tu auras dépouillé,
L’arbre de son écorce,
Jusqu’au puits de son souffle,
A l’orbe de ses yeux
L’enfonçant jusqu’au cœur,
Dans son immaculée blancheur.
Pour découvrir son âme déversée dans un sac de peau,
Lorsque la pulpe de sa chair émondée,
Enfantera le cri dans la douleur.
Sous l’incision qui excise,
Sous l’illusion qui aliène,
Obscure soumission,
A l’arrachement de l’habit,
Qui recouvrait son corps.
J’ai peine,
Car tu ne connais pas l’Amour.
Je marche toujours dans l’aube pure,
De tous ces matins de printemps
Où l’horizon n’a pas de limites.
Où un infini instant,
Demeure un instant infini.
A l’heure ou la terre se réveille naît en moi le premier frisson.
Où fuse l’esprit des fleurs, avec les battements de mon cœur.
La lyre d’or enchante ma vallée de lys blancs,
Entre les colonnes marbrées de mon temple sacré,
J’entends le murmure de la source,
Que révèle le chant des oiseaux dans le frémissement du vent,
Je marche sur la terre des hommes,
Ouvrant la porte du ciel,
Sur les gerbes de blé, de sel, et d’amitié.
Et si je porte le deuil,
Courbée sur mon propre tombeau,
Portant sur mon dos,
Les lambeaux de ma chair,
Dans le linceul que tu m’as savamment tissé,
C’est que lorsque l’ombre sombre descend,
Rougeoyant le firmament de mon sang,
Sur l’onde du vaste lac, où je me miroitais,
Dans la lumière douce du couchant,
Il y avait un ombre murée dans mon silence.
Je regarde chaque jour d’outre tombe,
La blancheur immaculée de l’Aurore dévoilée,
La boréale fraîcheur, des matins d’été,
Le vert tendre et joyeux des douces prairies,
Les jardins rieurs et les branches fleuries,
Les rubans de métal que le fleuve élargit,
Dans l’écrin altier des mes douces vallées,
Les champs de coquelicots noyés dans les blés,
Comme autant de gouttes de sang, semées dans un champ d’or,
Je ne cherche plus le Sens, et chaque jour je m’émerveille,
Parce que du ciel, du mystère et du gouffre,
Naissent la lumière et les constellations.
Ce n’est pas moi qui pleure,
De ce que tu détruis
Claude Chatron-Colliet ©2008
18:35 Publié dans Cris | Lien permanent | Commentaires (3)



Commentaires
C'est un texte magnifique, mais le thème en est bien triste. Ton talent m'émerveille toujours. Et la photo est superbe.
Ecrit par : enriqueta | 13.02.2008
Pas en très bon état, cet arbre !
Ecrit par : Tietie007 | 20.02.2008
Enriqueta:
Oui, c'est triste en effet mon amie. Mais je n'avais pas trouvé d'autres mots pour exprimer ma déchirure. Incision du cœur, et incision de l'écorce.
Tiétie:
Cet arbre me ressemble tu sais.
Ecrit par : Claude | 05.03.2008