31.03.2008 | Juste avec mes mots
Toi qui élève l’Autre au rang de la Dignité,
Qui cultive dans ton champ le regard qui caresse,
Celui par lequel l’âme éteint les larmes du chagrin,
Et qui de sa main posée sur le front,
Apaise le feu des blessures profondes,
Juste en laissant irradier la fleur de compassion.
Toi qui serre sur ton cœur,
Le pauvre et l’égaré,
Qui recueille tout au creux de ton intime partage,
Le sang de celui qui subit la violence et la cruauté,
Et qui baume de sa main, les plaies purulentes,
Avec la délicatesse frissonnante du cœur et la soie veloutée de la tendresse.
Toi, qui entends, le cri déchirant et l’appel de l’âme lacérée,
Des martyrs, des esclaves, des pauvres et des mendiants,
Sème dans le vent au seuil de ce printemps
Les graines plumeuses du juste, du sage et de l’aimant
Et qu’elles s’élèvent vers les cieux légers et brillants,
Érigeant chacune à leur place
Les flambeaux contre l’ignorance, la violence et la corruption,
Juste
Avec la danse
De
Tes mots.
Tu es « Toi » le poète,
Une lampe qui brille dans la caverne de l’obscurité.
Un cristal qui vivifie le cœur par toutes les couleurs,
Dans le partage du pain de vie qui rassemble la famille humaine,
Autour du sel de la fraternité.
Toi le calligraphe inspiré par le Qâlâme,
Tu dessines avec le sang de ton cœur la part divine inscrite dans chaque homme.
Pauvre, riche, indigent,
A naître, devenir et s’élever,
A croître, bourgeonner s’épanouir,
Tu lèves le voile par ton « humanitude »,
Et dévoile la tendresse qui ennobli tout un être
Le délivre de servitude comme une efflorescence,
Qui gerbe et qui jaillit en bouquets de lys parfumés.
Tes pieds ont foulés le sol du désert méprisé par l’Amour,
Ta langue a séché comme du bois tandis que tes doigts étaient froids,
Ta peau s’est fissurée jusqu’à l’aune de tes os,
Et pourtant tu t’élèves,
Et derrière toi,
Les yeux se tournent, les gens se lèvent,
Pour gravir le sommet de ce Mont,
Qui sans Amour et sans foi,
Rendraient la lumière ténébreuse,
Et le chant sans joie.
Je tends ma joue aux baisers du soleil,
Je ris à tous les rayons d’Amour
Qui tissent les liens entre la terre et le ciel,
Je foule de mes pieds l’herbe tendre,
Nulle geôle ne serait me retenir,
Il n’y a pas de jour sans nuit,
Ni de vie sans désir et de désir sans vie,
Je grimperai en haut de ce Mont,
Ce bout de terre émergeant dans l’éther,
Pour que l’humanité ne soit plus sourde aux cris,
Aveugle aux crimes, silencieuse aux tyrans,
Et que les bouches closes,
S’humectent et se délient,
Du poids des chaînes,
Des affres de la nuit.
Je me tiendrai debout sur ce Roc,
A m’élever du socle,
Même si la pluie m’érode,
Que le vent me plie,
Et que la terre dont je suis poussière,
S’effrite et s’affaiblit.
J’irai, boire aux ruisseaux éternels,
Le vert soleil, le pur esprit, la force ignée
Qui apaise le feu des blessures profondes,
Juste en laissant irradier la fleur de compassion.
Qui baume de son suc les plaies purulentes,
Avec la délicatesse frissonnante du cœur et la soie veloutée de la tendresse.
La source, qui révèle la part divine inscrite au cœur de chaque homme,
L’intime partage de la souffrance,
L’accompagnement jusqu’à la délivrance,
Je mettrai ma main dans la tienne,
Pour que jamais plus tu n’aies peur, tu n’aies froid.
Et je bercerai au fond de mon cœur
Ta petite âme,
Avec mon regard d’Homme,
Jusqu’à l’ossature de la terre,
Je te hisserai au sommet de ce Mont
Au rang de Dignité.
Lève- toi et Marche.
Juste avec mes mots.
Claude Chatron-Colliet©Mars 2008
12:31 Publié dans Cris | Lien permanent | Commentaires (2)



Commentaires
Tu décris très bien l'effet que me font tes poèmes, celui de m'élever, pour quelques secondes, à un tel degré d'humanité, en parfaite compassion avec la multitude, qu'il fallait un nouveau mot pour le qualifier. Et ce nouveau mot tu le crées, c'est "l'humanitude".
Ecrit par : enriqueta | 06.04.2008
Je suis toujours étonné, moi qui ne suis pas poète pour deux sous,de tout ce que l'on peut écrire, lorsqu'on l'est !!
Ecrit par : patriarch | 07.04.2008